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Agriculture des îles de la façade atlantique française

caractérisation, enjeux, dynamiques et perspectives au sein des projets de territoire


Thèse de Naïla Bedrani (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • CIFRE,
  • Co-financement du RAIA (Réseau Agricole Inter-Iles de la façade Atlantique)


Le territoire géographique de l’étude inclue les treize îles sans pont qui disposent d’un statut communal ainsi que les trois îles avec pont, de la façade atlantique française. Du Nord au Sud, il s’agit donc des îles de Bréhat, Batz, Ouessant, Molène, Sein, Groix, Belle-Île en Mer, Houat, Hoëdic, l'île d'Arz, l'Île-aux-Moines, Noirmoutier, Yeu, Ré, Aix et Oléron.

D’un point de vue opérationnel, ce projet vise à mettre en lumière des problématiques et des enjeux encore peu considérés par la majorité des sociétés insulaires locales et à favoriser des démarches de coopération qui incluent l’agriculture dans l’avenir de ces territoires. Sous le terme général d’agriculture, nous considérons les activités agricoles terrestres (élevage, grandes cultures, maraîchage, viticulture…) ainsi que les activités se déroulant sur le marais, comme la saliculture et sur l’estran, comme la récolte d’algues à titre professionnel. Nous rechercherons également des leviers pour engager des interactions pérennes entre élus, scientifiques, agriculteurs, habitants permanents et visiteurs des îles.

Notre hypothèse de départ se base sur l’appréhension des îles comme territoires « tests » ou encore « laboratoires », à la fois concentrateurs d’enjeux mais aussi composés de systèmes sociaux fragiles du fait de leurs spécificités géographiques et sociologiques. Cette configuration nous laisse à penser que l’agriculture peut contribuer à structurer et renforcer des projets de territoires insulaires durables. Pour cela, nous supposons que l’agriculture n’a d’autre choix que l’innovation, la coopération et l’exemplarité environnementale et paysagère en vue d’une pérennité spatiale, sociale et économique au service de la dynamique locale.

Ainsi, notre problématique de recherche se construit autour des questionnements suivants : Quelles sont les caractéristiques et les spécificités de l’agriculture des îles de la façade atlantique ? Comment participe-t-elle au développement et à l’équilibre territorial des îles ? Quels enjeux sont à l’œuvre, quelles marges de progression existe-t-il autour de ces enjeux ? Quelles sont les lectures locales de ces problématiques par les acteurs insulaires, dont les collectivités locales ? D’une manière plus générale, quels leviers de l’action publique sont ou peuvent être mobilisés autour des enjeux observés, du local insulaire à l’Europe ?

La thèse rassemblera des données autour des aspects suivants :

  1. La caractérisation de l’agriculture insulaire ;
  2. La caractérisation des dynamiques socio-économiques associées et les facteurs explicatifs de l’évolution de ces dynamiques, dans une perspective multi-scalaire qui articule des éléments propres à chaque île et des effets de contexte extérieurs au territoire ;
  3. La place de l’agriculture dans la définition et de la mise en œuvre de projet de territoire.

Le caractère interdisciplinaire de ce projet de recherche permettra d’articuler des approches sociologiques, géographiques, économiques et de sciences politiques afin d’appréhender la complexité des territoires insulaires et des problématiques agricoles.

Par ailleurs, la thèse vise à ancrer la démarche du RAIA dans un contexte de rigueur scientifique et de prise de recul par rapport à l’action de plaidoyer et de coopération engagée. Elle permettra d’alimenter la réflexion du RAIA sur les outils, les méthodes et les initiatives pour résoudre de façon collective, socialement acceptable, économiquement et écologiquement pérenne, les problématiques agricoles des îles. Elle s’inscrit ainsi dans une perspective d’innovation sociale et politique pour répondre aux enjeux actuels des îles engageant l’agriculture et sur les formes de coopération envisageables à cet effet. Il s’agit donc également de questionner les modes d’agriculture mais aussi les modèles alimentaires et leur contribution à l’évolution et à la dynamique des territoires insulaires. [1] 

 

[1] Je souhaite laisser cette perspective car la thèse abordera  les PNA de Belle Ile et Yeu