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Dynamique paysagère et interactions humains – milieu en mosaïque forêt/savane, au prisme des maladies émergentes en Afrique équatoriale

Chefferie des Batéké Nord, Territoire de Bolobo, République Démocratique du Congo


Thèse de Christophe Demichelis (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • ANR,
  • Allocation de recherche doctorale

Composition du jury :


    Ma thèse s’insère dans le cadre du projet SHAPES, financé par l’Agence Nationale de la Recherche et initié par l’Institut Pasteur de Paris. Ce projet multidisciplinaire regroupe des chercheurs issus aussi bien des sciences sociales que des sciences naturelles – histoire, anthropologie, géographie, écologie et microbiologie – dans un objectif commun, celui de réinterroger la notion de contact entre les êtres humains et les primates non-humains en Afrique équatoriale, ainsi que la conséquence de ces derniers sur la santé humaine.

    Les études sur le paysage permettent d’éclairer certains processus d’ordre sanitaire, et notamment les émergences de maladies liées à des milieux et/ou espèces particuliers, et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de zoonoses. Dans ce contexte, ma recherche s’intéresse aux interactions entre les humains et leur milieu, ainsi qu’à leurs conséquences sur la dynamique paysagère et la structuration de la mosaïque forêt/savane de la Chefferie des Batéké Nord en République Démocratique du Congo. S’agissant de mettre en relation la géomorphologie du paysage avec des pratiques humaines et des règles sociales, j’ai décidé de conduire ma recherche à différentes échelles spatiales afin de mettre en exergue les différents niveaux de relation entre les êtres humains et leur milieu. Pour cela, j’ai abordé l’analyse du paysage d’après : (i) les systèmes de production et d’exploitation des ressources naturelles, et (ii) les connaissances et les savoirs locaux.Le grand chef Teke Mapio II
    Le grand-chef Téké Mapio II en tenue traditionnelle, basé à Mbee

    Au cours de ma recherche, j’ai déconstruit le concept de paysage pour le placer au centre d’un système complexe, et ce d’après une approche socio-écosystémique. De fait, cette étude se veut transdisciplinaire, car à l’interface des sociétés et de la nature. Toutefois, il s’agit également d’un choix personnel, celui de mettre en exergue la délimitation arbitraire et artificielle entre systèmes sociaux et systèmes écologiques dans un contexte de changements globaux. En ce sens, les entretiens compréhensifs, les questionnaires, les groupes focalisés, les transects et relevés botaniques, les relevés GPS, les suivis participatifs, ainsi que les analyses par télédétection, système d’information géographique et statistiques sont autant de méthodes mobilisées dans le cadre de ma thèse.

    Le manuscrit final de ma thèse sera structuré en quatre parties, lesquelles pourront être lues de manière indépendantes sous la forme de publications : (i) approche conceptuelle et méthodologique du paysage au prisme des interactions humains/milieu : le paysage, un système complexe à mi-chemin entre nature et sociétés ; (ii) analyse multidimensionnelle de la dynamique et de la structure paysagère : apports de la télédétection, des SIG et des savoirs locaux pour appréhender le land cover, les land units et le land use ; (iii) évolution et implication des mobilités villageoises sur la dynamique et la structure du paysage au cours du siècle dernier : du semi-sédentarisme au sédentarisme total, relations au fil du temps entre les modes de vie et l’exploitation du milieu, et (iv) évolution du couvert forestier entre 1973 et 2016 par télédétection et relations avec l’évolution des pratiques et des activités humaines, apparition des fronts de déforestations et variabilité à l’échelle locale.

    Mots clés : paysage ; transdisciplinarité ; dynamique paysagère ; structuration du paysage ; interaction humains-milieu ; mosaïque forêt/savane ; télédétection ; SIG ; savoirs locaux