ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Territoires hydro-sociaux et mobilisation des populations rurales pour l’accès à l’eau potable : exemple du système de Gorom-Lampsar dans le delta du fleuve Sénégal


Thèse de Khady DIOUF (ESO Rennes)
Direction :

Composition du jury :


    « L’eau est la vie » disait Saint-Exupéry. Cette étude s’intéresse à la problématique de l’accès et de la gestion des ressources en eau de surface dans le delta du fleuve Sénégal. Le bassin de l’axe Gorom-Lampsar est situé dans le Delta, constitué de terres bases et inondables entre la meret le désert. Il est un milieu de transition où les influences d’un domaine maritime à l’ouest et celles d’un domaine continental à l’est, se sont combinées et ont laissé des empreintes et marque des actions anthropiques durant des siècles. Il est drainé par deux défluents du fleuve que sont le Goromet le Lampsar. Dans son contexte régional (Saint-Louis), le bassin s’étire du NE au SW depuis le village de Ronq jusqu’à la confluence du Lampsar et du Djeuss en aval de Makhana (86 km).

    Cependant, la grande sécheresse, l’explosion démographique et la sédentarisation de la population dans la zone soudano-sahélienne, sont à l’origine de la demande grandissante de la consommation en eau pour l’agriculture et l’alimentation, ainsi que la consommation d’énergie. Pour répondre à ces besoins croissants, des ouvrages hydrauliques ou hydro-agricoles plurifonctionnels sont mis en place dans l’axe Gorom-Lampsar du delta du fleuve Sénégal. Ces aménagements censés être une stratégie de développement humain, n’ont pas été bénéfiques pour la population locale, mais plutôt aux agro-industries et aux villes situées à des kilomètres. Dans une ère d'urbanisation sans précédent, la pression de la population et de la croissance industrielle sont aujourd’hui de sérieux menace pour la gestion de l'eau au Sénégal. Les communautés rurales et riveraines des principales sources d’eau douce du pays ne sont pas bien desservies d’où le recours au niveau des lacs et marigots à leur disposition pour leur alimentation sans traitement adéquate ce qui constituent une menace pour la santé publique.  Il y ajoute de sérieux problèmes de détérioration de la qualité de ces ressources en eau de surface liés par les vidanges non traitées, les rejets des déchets agricoles, le développement d’une végétation aquatique nuisible et source d’eutrophisation.

    Le choix de ce thème portant sur «Territoires hydro-sociaux et mobilisation des populations rurales pour l’accès à l’eau potable : exemple du système de Gorom-Lampsar dans le delta du fleuve Sénégal », explique notre engament à vouloir continuer nos recherches sur l’accès à l’eau potable en milieu rural, déjà amorcer dans le cadre de nos travail de recherche de master en vue d’une gestion intégré des ressources en eau qui ferait le bonheur des populations rurales déjà si éprouvées. Par ailleurs, l’intérêt porté sur cet axe du delta du fleuve Sénégal est justifié par le faite que c’est une zone qui regroupe la presque totalité des ressources en douce du pays, la demande en eau pressante or la gestion pose problème. La gestion hydraulique et la gouvernance de l’ensemble du système fluvial se révèle déjà complexe et les difficultés sont croissantes pour assurer simultanément la demande de divers utilisateurs aux intérêts divergents.

    Ainsi, l’objectif général de ce projet est de faire une étude rétrospective des problèmes d'accès à l'eau potable et de réfléchir aux stratégies et mesures nécessaires en vue de promouvoir une gouvernance efficace des ressources en eau dans l’axe Gorom-Lampsar du delta du fleuve Sénégal. Cet objectif est aussi soutenu par un souci de donner plus d’informations sur la gestion et la pollution des ressources en eau  de cette zone stratégique de la région de Saint-Louis du Sénégal.

    Cette étude adopte une méthodologie qui mène à une série de phase. La première concernant le terrain va privilégier une démarche associant l’approche quantitative à celle qualitative. Pour la collecte des données :

    -        des données démographiques obtenues à l’ANSD ;

    -        des données cartographiques à la DTGC ;

    -        des données d’archives à  l’OLAG, à la SAED, à l’OMVS, à l’OFOR, à la SEOH  et  à l’ARD de Saint-Louis ;

    -        des données socio-économiques auprès des usagers, acteurs et autorités de l’eau ;

    -        des données physico-chimiques de l’eau, des unités de potabilisation de même que les marigots dont certaines personnes s’approvisionnent en eau ;

    -        des prélèvements d’échantillons d’eau seront analyser et traiter au  laboratoire.

    Toutefois, les données socio-économiques fournies par les enquêtes sur le terrain, seront traitées et analysées pour avoir des indicateurs de vulnérabilité. Ainsi, l’information découlant de ces différentes analyses sera restituée suivant différents formats (base de données, système d’information, cartes, etc.). L’ensemble de ces supports servira de base à la rédaction de la thèse ainsi qu’à différents articles.

     

    Mots-clés de recherche :  accès à l’eau, qualité de l’eau, gestion intégrée, pratique traditionnelle, mobilisations, fleuve Sénégal