ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Des pédagogies nouvelles pour créer des territoires ouverts et créatifs (CREAPEDA)


Thèse de Barbara Doulin (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • 50% ARED - 50% Université Rennes 2


Dans la perspective de construction d’une société plus ouverte et créative, tous les territoires ont besoin de citoyens intégrés et actifs. Les pédagogies actives et coopératives, intégrant ou non les outils numériques, se sont données une fonction émancipatrice en formant autrement les jeunes (Gasparini, 2000 ; Viaud, 2005 ; Resweber, 2016) et prétendent, plus que d’autres, former des citoyens responsables, solidaires, capables de mener des projets collectifs. Bien qu’elles aient des objectifs diversifiés, nous pouvons nous interroger sur leur incidence sur deux problèmes fondamentaux que sont l’intégration sociale et les inégalités sociales de scolarité, généralement concentrés sur les mêmes territoires. Comme le montrent de nombreuses recherches (Duru-Bellat, 2015 ; Van Zanten, 2009), le fonctionnement ordinaire de notre système éducatif ne parvient ni à réduire les inégalités sociales de scolarité ni à assurer la bonne intégration sociale de tous les jeunes, au sens de l’adoption des valeurs et des normes démocratiques républicaines. Ces difficultés affectent l’insertion professionnelle des individus, et plus particulièrement celles des jeunes hommes, ainsi que leur intégration sociale au sens large et ce, tout au long des parcours de vie, créant d’importants coûts sociaux et économiques (Pisa 2015, Mazouz 2015).

Une telle interrogation est cruciale car l’école, au cœur du modèle d’intégration de la société française, connaît des processus ségrégatifs et discriminatoires (Dhume-Sonzogni, 2007; PISA 2015) en lien avec la ségrégation socio-spatiale (Beaud, 1996; Ben Ayed, 2013; Van Zanten, 2009) et produit des sentiments de duperie, d’injustice et d’hostilité envers l’institution scolaire, et au-delà envers l’Etat, d’une partie des jeunes et notamment ceux issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville. S’il n’est pas traité sérieusement, ce phénomène peut contribuer à pérenniser et légitimer un séparatisme social et ethnique, dont les conséquences sont multiples, graves et en partie imprévisibles (Dubet 2008, Van Zanten, 2009).

Cette thèse a donc l’ambition de cerner l’éventuel bénéfice scolaire et social des innovations pédagogiques que l’on n'identifie pas véritablement aujourd’hui (Reuter, 2007) et rejoint ainsi les préoccupations politiques de la région Bretagne qui consacre un budget conséquent pour assurer « un développement équitable des établissements », pour favoriser la réussite de tous les lycéens, réduire le décrochage scolaire et favoriser l’insertion socio-professionnelle des jeunes.