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La juste place de la nature dans les opérations d'aménagement urbains


Thèse de Sabine El Moualy (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • CIFRE


La dimension environnementale des programmes d’urbanisme s’affiche et se présente comme une garantie de la qualité des projets. La Nature fait partie de ces arguments, encore davantage avec la reconnaissance de l’intérêt des « Trames vertes urbaines ».  Cette question de la nature en ville et de la végétalisation urbaine est au cœur des problématiques des aménageurs et influence les pratiques professionnelles. A partir de 5 cas (Zones d’Aménagements Concertées) dans le grand ouest français, ce travail vise la compréhension de la place attribuée à la nature dans le processus d’aménagement urbain.

Comment la prise en compte des éléments naturels interagit avec le projet par l’intermédiaire des acteurs ? Pour quelle matérialité et quelle spatialisation ?

Trois angles d’analyse ont été retenus pour y répondre. D’abord la reconstitution historique des projets, ensuite l’analyse du langage employé pour décrire ses ambitions et les objets naturels, enfin l’observation de la matérialité obtenue sur le site. Ainsi, la méthodologie croise techniques d’entretiens in situ avec les acteurs des opérations, lexicométrie et traitements géomatiques des données environnementales à l’échelle d’un quartier.

Pour la première et la seconde, il s’agit d’observer comment les acteurs professionnels se positionnent vis-à-vis de la nature et les pratiques qu’ils mettent avant. Aussi, la classification du vocabulaire est une boussole importante pour le regard porté vers les éléments qui matérialisent l’esprit paysager de l’aménagement. Traitement numérique et audit verbatim se complètent ainsi et permettent de mettre en lumière les principales contraintes et leviers de mise en œuvre des entités à caractères naturels (avant, pendant et après aménagement).  Enfin, la cartographie apporte un complément important pour les investigations, à la fois en vue d’une démarche diachronique, mais aussi afin d’explorer des structurations d’inventaires et de relevés pertinentes. En effet, il s’agit d’obtenir un outil qui réponde aux défis suivants (les uns étant liés aux autres) :

  • La transmission des données d’inventaires (arbres, strate intermédiaire, strate basse, faune, circuits de l’eau etc.) et leur mutualisation ; car les échanges entre outils de dessinateurs et outils géomatiques restent précaires.
  • La possibilité d’une mise à jour simple qui soit accessible à une pluralité de niveaux de compétences ou de métiers (ingénieurs des différents bureaux d’étude, architectes, conducteurs de travaux, élus, jardiniers, habitants etc.) afin de favoriser le mode collaboratif et de valoriser les études menées sur les sites.
  • La prise en compte des biens faits mais aussi des gênes potentielles pour favoriser la durabilité de ces espaces de nature en ville. Cela passe par les distances aux parcelles, aux infrastructures, aux bâtiments, leur orientation par rapports aux espaces à caractères naturels, ou encore la quantification des opérations d’entretien, les risques d’allergies etc.

Il est donc question de favoriser la place du vivant dans un contexte de ville dense, en considérant que la ressource humaine (et ses savoirs faires) devient ici une richesse et non plus une charge courante de gestion. La principale hypothèse étant qu’une condition essentielle de la matérialisation des ambitions d’un aménagement au regard de la trame verte urbaine est du ressort de la capacité des acteurs à maintenir une dynamique collaborative autour du projet et donc à assurer la transmission de celui-ci. 

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