ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Le rôle des lieux dédiés aux pratiques numériques, à la fabrication et l'expérimentation dans la ville.

Les cas de Gand (Flandre, Belgique), Rennes et Toulouse (France).


Thèse de Flavie Ferchaud (ESO Rennes)
Direction :
  • Marc Dumont, Université Rennes 2
  • Claude Le Bart, 

Financement :
  • CIFRE


La thèse s’articule autour d’une réflexion sur les pratiques du numérique, les logiques de l’espace propres aux sciences de l’aménagement et celles de l’action publique en science politique.

On observe depuis les années 90 l'émergence de lieux (hacklabs, hackerspaces, fablabs, makerspaces…) dont les pratiques se situent à la fois en ligne, sur Internet, et hors ligne. Issus de nouvelles pratiques des technologies numériques, ces lieux plus ou moins ouverts au public mutualisent un ensemble de machines et mettent en avant le partage des savoirs et des savoir-faire. Leur enquête permet alors l’étude des spatialités d’Internet et de spatialités plus classiques, ces lieux étant des espaces de fabrication, mais aussi de sociabilité et de constitution de communautés.

La thèse interroge le rôle de ces lieux dans la ville à travers trois axes de réflexion :

-          Lieux du mouvement "faire" et du do-it-yourself, émergeant principalement au sein d'espaces urbains, il s'agit de comprendre en quoi ces lieux mettent ou pas les individus en situation de participer à la fabrique urbaine. L'attention est portée à la fois sur les modes d'engagement des individus, leurs profils et leurs productions.

-          Ces lieux placent le principe du partage des savoirs au cœur de leur fonctionnement. Quel est leur rôle au sein de la société de la connaissance ? Comment s'intègrent-ils au maillage des systèmes productifs de l'économie de la connaissance et via quel-s réseau-x d'acteur-s ?

-          En lien avec le sujet de l'économie de la connaissance, il s'agit de décrypter quel peut-être leur place au sein de la ville "créative" et notamment à travers trois volets : les milieux de la ville créative, la "classe créative" et les dynamiques de régénération urbaine.

Ces lieux font l'objet d'une attention croissante et sont de plus en plus intégrés au sein des politiques publiques (politiques urbaines, culturelles, éducation…), ce qui n'est pas sans créer des dynamiques (tension, contestation, institutionnalisation voire instrumentation…). Porteurs d'un certain nombre de croyances et d'imaginaires, il s'agit finalement de décrypter quels sont les apports et les contradictions relatifs à leur-s rôle-s dans la ville, entre ce dont ils font la promotion, les valeurs qui les sous-tendent, leurs productions et les pratiques à l'œuvre.

La comparaison entre trois villes (Gand, Rennes, Toulouse) permet de mettre en avant l'importance du contexte (social, culturel, économique et politique) dans le positionnement territorial de ces lieux. Les fablabs et les hackerspaces sont les deux types de lieux principalement enquêtés (à la fois en ligne et hors ligne : observations, observation-participante, entretiens, questionnaire).

fablab Brussels
Fablab Brussels, décembre 2015 - crédits : Flavie Ferchaud