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Mobilités, durabilité et NTIC

Les espaces de travail collaboratif comme nœuds d’un nouveau système de mobilités hors métropole


Thèse de Félix Le Fur (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • poste d’ingénieur d’études au sein du programme ANR PERI#WORK


Ce projet de thèse part du constat de l’émergence de nouveaux espaces de travail collaboratif (NETC)en dehors des métropoles, que ce soit dans espaces ruraux ou dans les petites et moyennes villes. Ces espaces sont choisis délibérément par une nouvelle catégorie –et plus particulièrement une nouvelle génération– de travailleurs du savoir qui y trouvent un moyen pour échapper à la ville tout en bénéficiant des réseaux technologiques et sociaux. Leurs comportements de mobilité restent largement déterminés par le travail (Marzloff, 2013) mais les NETC autorisent un rapprochement géographique entre lieux de résidence et de travail et surtout une plus grande autonomie leur permettant de concilier activité professionnelle et projet de vie plus global.

L’importance croissante de ces travailleurs – dont une majorité d’indépendants ou de solo-entrepreneurs (Solo-Unternehmer) – parmi les actifs est paradigmatique des évolutions de la société contemporaine. La catégorie de travailleurs du savoir est issue des débats des années 1960 et 1970 relatifs à l’évolution de la société postindustrielle vers une société entrepreneuriale et du savoir initiés par des auteurs comme Peter Drucker et Daniel Bell (Heidenreich, 2003). On peut retenir que ce type de travail vise aussi bien la production de nouvelles connaissances que leur utilisation créatrice ou leur réévaluation permanente et concerne des tâches intellectuellement exigeantes supposant un capital culturel élevé (souvent attesté par un diplôme d’enseignement supérieur ou une formation équivalente) (Pernicka et al., 2010 ; Darr et Warhust, 2008 ; Bouchez, 2006 ; Cortada, 1998). On observe de nos jours une augmentation de ce type d’actifs notamment aux franges du marché du travail classique du fait de la crise (relative) du travail salarial et d’une certaine renaissance du travail indépendant, favorisée par le développement du numérique. En effet, une part croissante des nouveaux travailleurs du savoir se trouve typiquement dans des situations d’emploi atypiques (Bureau et Corsani, 2014 ; Menger, 2009 ; Abdelnour, 2017). Pour cette frange de travailleurs « à la marge du travail classique », les sociologues industriels ont régulièrement diagnostiqué une faible propension pour l’action collective et la syndicalisation (Pernicka et al., 2010). Autrement dit, ces travailleurs privilégieraient des stratégies individualistes dans la construction de leur carrière et parcours professionnel, qui se reflètent potentiellement dans leurs stratégies de mobilité - ce qu’il conviendra de vérifier.

Le financement est donc obtenu par un contrat doctoral dans le cadre du programme ANR-PERI#WORK.