ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Les usagers de l’eau face à la continuité écologique.

Représentations des aménagements de petits cours d’eau de l’Ouest de la France


Thèse de Caroline Le Calvez (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • MESR


Depuis 2000, une nouvelle orientation de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques est portée par la Directive Cadre sur l’Eau (2000/60/CE) qui impose le bon état des cours d’eau pour retrouver des eaux de qualité et satisfaire l’ensemble des usages de l’eau.

La restauration de la continuité écologique est une des réponses privilégiée apportée par l’Etat français pour satisfaire aux obligations du bon état écologique. Elle repose sur un aménagement écosystémique des cours d’eau qui a comme objectif l’effacement d’ouvrages transversaux (barrages, seuils) évalués comme des obstacles à la libre circulation des espèces et des sédiments. Action emblématique, cette politique de restauration reflète les nouvelles normes d’appréciation des cours d’eau promues par l’action publique. Elle interroge « la pérennisation de pratiques, de valeurs et de visions du cours d’eau »[1] portées par les usagers de l’eau. L’objectif de la thèse est ainsi d’interroger l’appropriation par les usagers des opérations de restauration de la continuité écologique ainsi que l’action publique dans sa capacité à dépasser l’intervention technique comme résolution d’un problème environnemental pour proposer un projet de territoire qui soit partagé et validé par l’ensemble des usagers.

En Bretagne, la faible énergie des cours d’eau a conduit au fil des siècles à toujours plus aménager les cours d’eau pour répondre aux besoins des populations locales. Au sein de ces espaces densément aménagés, marqués historiquement par l’enjeu de la qualité chimique de l’eau, l’orientation de la politique de l’eau sur la qualité des milieux aquatiques se heurte à des résistances usagères. L’appui sur des cas d’étude bretons au cœur de dynamiques conflictuelles permet d’analyser dans quelle mesure l’action publique s’élabore localement en composant avec les revendications et attentes de groupes qui font valoir des conceptions différentes des cours d’eau. Les analyses temporelle et cognitive des scènes de la concertation apportent un éclairage sur le rôle des usagers dans la décision afin de sortir du clivage entre des aménagements pour un usage écologique de la rivière et des aménagements à usage anthropique.

Une analyse croisée de données qualitatives a été privilégiée. Elle mobilise un corpus documentaire (documents de planification, enquêtes publiques, compte-rendus), de l’observation ainsi que des recherches archivistiques permettant de retracer les temporalités d’émergence des enjeux identifiés au sein des bassins versants. Des entretiens semi-directifs sont réalisés auprès des usagers et d’acteurs institutionnels. Sur les terrains investis, un suivi photographique de sites à enjeux est mené. Mobilisé dans les entretiens, il permet d’interroger les représentations des usagers et de poser la question des modes de suivi de la restauration de la continuité écologique des cours d’eau.

 

[1] NAVARRO-CARRASCAL O., 2008, « L’eau comme enjeu : territoire, identité et conflits d’usages, in KIRAT T., TORRE A., Territoires de conflits. Analyses des mutations de l’occupation de l’espace, L’Harmattan, 322p.

 

Mots-clés : continuité écologique, cours d’eau, usagers, oppositions, représentations, Bretagne