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Dynamique urbaine au Nord de Libreville :

enjeux sur les airs protégés de la Mondah et d'akanda


Thèse de Gauthier Mba Assoumou (ESO Rennes)
Direction :


Dans un contexte d’accroissement urbain, la tendance, dans les plus grandes métropoles d’Afrique, est à la « périphérisation » qui se traduit spatialement par l’étalement urbain. Ce mode de développement du territoire urbain qui se réalise de manière insidieuse et anarchique en direction des couronnes périphériques n’est pas sans conséquences, tant d’un point de vue social qu’économique. Cependant, l’impact le plus tangible du processus d’étalement urbain concerne l’environnement. Aussi, sur le plan spatial, il pose la question de l’invasion de l’espace écologique par un espace géographique construit et urbain qui rompt certains équilibres et entraîne d’importantes pertes d’espaces, notamment des terres agricoles et des forêts. En outre, la spéculation foncière fait en sorte que plusieurs pans de forêts sont déboisés. C’est notamment le cas dans l’espace périurbain du nord de Libreville, confronté à une anthropisation du fait de l’étalement urbain. Cette banlieue « verte », où sont aménagées deux grandes aires protégées, subit depuis plusieurs années une pression urbaine aux effets parasites qui phagocyte progressivement le couvert forestier. L’urbanisation de la zone a déjà provoqué le déboisement et la destruction d’une frange importante du massif forestier de la Mondah. La superficie de cette forêt est passée de 10.200 hectares en 1951 à 2000 hectares en 2011, suite aux multiples déclassements survenus au cours de ces dernières années au bénéfice de l’immobilier et de l’agriculture. La zone périurbaine du nord de Libreville est perçue pour certains citadins comme un ilot de disponibilité foncière et d’opportunité économique, pour d’autres comme un « espace-ressource » qui offre des essences naturelles nécessaires pour la subsistance. Tous les jours, la forêt de cet espace est fragmentée pour l’exploitation agricole, pour le bâti et pour l’extraction du bois et du sable. Toutes ces activités, jugées incompatibles avec la gestion durable, entraînent la dégradation de l’écosystème et créent de profonds déséquilibres écologiques. L’appétence opiniâtre des populations urbaines pour les essences forestières constitue un enjeu majeur pour la gestion durable des aires protégées de la Mondah et d’Akanda. En outre, l’étalement de la ville du fait de l’urbanisation rapide hypothèque continuellement l’espace forestier et favorise les activités non traditionnelles et incompatibles avec la gestion durable, et illicites dans les aires protégées qui ont des conséquences néfastes sur cibles naturelles. Ainsi, cette thèse s’intéresse aux dynamiques démographiques qui animent l’aire métropolitaine de Libreville pour illustrer les particularités de cette ville dans la perspective de l’analyse du processus d’étalement urbain et les enjeux qui leur sont associés, en particulier les enjeux sur les réserves naturelles de la Mondah et d’Akanda.

 

Mots clés : Urbanisation – étalement urbain – enjeux – aires protégées – Libreville – Mondah – Akanda