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Le VIH à Djibouti


Thèse de Kadiga Mohamed Bourhan (ESO Rennes)
Direction :


Entre 1987 et 1988, le taux d’infection du VIH/SIDA à Djibouti était estimé à 0.28 %, soit 1 760 personnes infectées, dont 69 personnes rurales. La forte présence des personnes infectées dans la capitale est restée inchangé au fil des années. Le taux de prévalence du VIH/SIDA est considérable par rapport au taux affiché dans les 5 districts (Tadjourah, Dikhil, Obock, Ali-Sabieh et Arta). En outre, au niveau de la capitale Djibouti-Ville, il y a une forte disparité du taux de prévalence en fonction des quartiers. Les quartiers fortement infectés ne sont pas nécessairement les zones les plus pauvres de la capitale. En 1992, le taux de prévalence du VIH/SIDA chez les femmes s’élevait à 1.57 %, ce qui illustre l’intégration de Djibouti en phase d’épidémie généralisée. Considérant le nombre important des femmes infectées par le VIH/SIDA, selon l’ONUSIDA on assiste à une féminisation de l’épidémie. Bien que les femmes soient biologiquement, socialement et économiquement vulnérables à l’infection, le nombre important des femmes infectées s’explique par plusieurs facteurs dont leur accès au soin et le dépistage systématique lors de la consultation prénatale. Le mode transmission hétérosexuel du VIH/SIDA représente 83,5 %, la transmission mère-enfant 1,7%, la transmission homo/bisexuelle était estimée à 2%, et 14,2% des personnes n’ont pas précisé le mode de transmission (en 2011). Malgré un taux de transmission homo/bisexuel estimé à 2 %, il n’a quasiment aucun programme de sensibilisation destinée à cette population. En effet, la prise en charge est majoritairement destinée aux femmes. La représentation sociale de l’infection caractérisée comme une maladie de la « déviance » (infidélité, prostitution), est un obstacle à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Le rôle des institutions internationales a été crucial dans la lutte contre le VIH/SIDA à Djibouti, dont principalement la Banque Mondiale ensuite le Fonds Mondial. Grâce au fonds et l’assistance technique des instances internationales, un programme national de lutte contre l’épidémie a été élaboré. L’étude sur la prise en charge du VIH/SIDA à Djibouti, cherche à définir la place des acteurs nationaux face à l’emprise des bailleurs de fonds. Depuis 2008, des nouveaux acteurs, tel que les institutions religieuses se sont impliquées dans la lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA à Djibouti. Intégré dans le programme de lutte pour soutenir les institutions nationales, l’implication des religieux présente des limites. En effet, les recommandations du programme de lutte contre l’épidémie ne sont pas en adéquation avec les valeurs véhiculées par les institutions religieuses. La méthode d’enquête utilisée est essentiellement qualitative, des entretiens semi-directifs auprès des acteurs de la lutte contre le VIH/SIDA, et des observations non-participantes seront réalisées.


Mots-clés : Féminisation du VIH, Santé publique, risque d’infection, Djibouti-Ville.