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Grande École du Numérique et Contextes Socio-Spatiaux des « Environnements Capacitants"


Thèse de David Puzos (ESO Rennes)
Direction :
Financement :
  • ARED 50%


Le projet Grande École du Numérique et Contextes Socio-Spatiaux des « Environnements Capacitants » vise à définir les contextes territoriaux et organisationnels de ces espaces dans la lutte contre les exclusions des jeunes. Le dispositif GEN est un groupement d’intérêt public issu d’une initiative gouvernementale de 2015, visant à créer un réseau de formations aux métiers du numérique à destination d’un public dit « fragile » : Demandeurs d’emplois, N.E.E.T2 etc. Nous allons alors questionner le potentiel de la société numérique à distribuer plus égalitairement les capacités d’agir avec le numérique puis identifier et qualifier les bénéfices attendus des démarches de réseaux territoriaux de formation qui visent délibérément l’« empowerment ». En effet, nous faisons le postulat que si les configurations de formation repérées dépendent des projets socio-pédagogiques des porteurs, elles apparaissent aussi déterminées par les territoires. Les « grandes écoles du numérique » n’ont pas la même forme selon les espaces qu’elles occupent. 

Nous allons dans ce travail de recherche prendre pour appui le D.U USETIC mis en place par l’Université Rennes 2, labélisé « Grande École du Numérique ». Il s’agit d’un Diplôme Universitaire de niveau III centré sur la formation à la médiation numérique à destination de jeunes en situation de décrochage scolaire. Ce DU expérimental prend place dans l’écosystème de recherche sur les usages des technologies numériques du GIS M@rsouin. L’expérimentation de ce DU a été une réussite sur plusieurs dimensions : accompagnement des publics durant la formation, innovation pédagogique (pédagogie coopérative, organisation de workshop, classe inversée etc.) débouchées post-formation, travail de réseau et d’intégration de la formation au sein d’un écosystème numérique breton. Cette réussite s’explique notamment par le fait que l’Université Rennes 2 dispose d’équipes de recherche qui sont parmi les plus avancées en Europe en matière de travaux sur l’inclusion numérique. Nous étendrons ensuite notre recherche aux dispositifs GEN de la métropole Rennaise. Nous faisons le constat que les configurations des dispositifs sont « pluriels » : équipements technologiques différents, environnements institutionnels et territoriaux variables, cultures et représentations numériques distinctes, sensibilité aux enjeux de l’insertion et de l’accompagnement social des publics vulnérables très disparate et modèles pédagogiques hétérogènes. Nous faisons l’hypothèse que l’agencement de ces facteurs génèrent des inégalités en terme de configuration socio-spatiale qui se traduira plus tard par un usage différencié des dispositifs sociotechniques par les stagiaires en formation et produira nécessairement des effets différents : Augmentation du pouvoir d’agir, trajectoire de mise en capacitation pour certains où à l’inverse multiplicateur d’inégalités socio-spatiales générateur de souffrance pour d’autres (déclassement social, subjectivation négative, réification)