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Anthropologie de l’installation des migrations subsahariennes au Maroc : « fiction politique du transit. »


Thèse de Jean-Louis Edogue Ntang (ESO Rennes)
Direction :

Composition du jury :


    Ce projet  de recherche s’inscrit dans la continuité de mon travail de recherche, et vise à  approfondir l’étude sur  les modes de présences des migrant.e.s  subsaharien.nes dans le royaume aussi bien dans leur historicité que leur  actualité d’une part, et  d'autre part, comprendre comment les migrations subsahariennes déterminent et influencent les  nouvelles politiques migratoires du Maroc, en fonction des stratégies  économiques et géopolitiques de celui-ci en Afrique au Sud du Sahara, comme nouvel espace pour dynamiser son économie.

     Le Maroc a toujours été défini comme pays de transit et de passage vers l’Europe pour les migrations subsahariennes. Or, il est toujours difficile de se demander si le Maroc est encore un espace de mobilité transnationale à l’échelle du continent africain au moment même où on assiste à des réorientations des flux de migrants inter-Etats africains ? Les migrations des Marocains ne se  dirigent elles pas aussi  vers des pays de l’Afrique subsaharienne ? Ces questions essentielles à cette recherche, s’articulent aux mutations sociales, politiques et économiques en cours depuis 1990 en Afrique subsaharienne.

    Avant les discours  du roi du Maroc de  septembre et novembre 2013 qui annoncent des mesures de régularisation des migrants en situation irrégulières au Maroc, avec comme   impact, le changement du  statut politique de la migration subsaharienne au Maroc, (en plus du fait, qu’ils « recadrent » la représentation générale, que se fait la société marocaine des migrants subsahariens, même si les fondements sociaux demeurent inchangés), il est important d’insister sur le fait qu’un processus d’établissement des migrations subsahariennes au Maroc prend forme au début des année 2000, en dehors d’un schéma pré-établi par l’État.  L’empreinte de cet ancrage est visible, entre autres, dans les commerces de denrées alimentaires (Ignames, Manioc, banane plantain, huile rouge, atiéké, poissons fumés, poissons salé et non salé, concombre, piment… et condiments divers) et autres produits africains que géraient les femmes migrantes subsahariennes. Ces activités économiques s’inscrivaient  déjà, dans des allers et retours entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest pour des approvisionnements.  Ces circulations des économies migratoires  dans leurs allers et retours sont  intégrées et font sens car  elles permettent de suivre des activités   économiques déployées à la fois au Maroc et dans les pays d’origine ou alors un pays que s’est choisi le migrant  dans le cadre de ses activités personnelles et familiales. Signalons aussi que ces allers et retours qui portent toutes ces activités économiques dynamisent beaucoup les économies locales marocaines.  Ce qui fait que, l’un des objectifs de cette recherche, vise à éclairer des articulations qui s’opèrent entre les effets de la mondialisation et les circulations migratoires, imbriquées aux  circulations de savoirs qui induisent au niveau local, des nouveaux acteurs économiques, ainsi que des enjeux politiques, économiques, géostratégiques, linguistiques et sociales  dans les relations entre  Afrique  Subsaharienne et Afrique du Nord. 

     Mots-clés  : Circulations migratoires, économies-migrants, circulations de savoirs,  acteurs, ancrage urbain,  Maroc, Maghreb,  Mondialisation, géostratégie, Développement, Afrique, frontières, intégration régionale,  promotion de langue française.