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HABITER ET AMÉNAGER LES CENTRES ANCIENS. Les reconfigurations du rapport des acteurs à la vieille ville par le classement au patrimoine mondial

une comparaison entre Harar en Éthiopie et Alep en Syrie


Thèse de Pauline Bosredon (ESO Rennes) soutenue en 2009 à Université Rennes 2 27 Novembre 2009
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La mise en patrimoine du centre urbain transforme le rapport des acteurs à la vieille ville : d’abord la somme de leurs investissements quotidiens, autrement dit leurs modes d’habiter ; ensuite, leurs mobilisations, c’est-à-dire leurs capacités d’agir sur cet espace ; enfin, l’ensemble des stratégies qu’ils mettent en œuvre dans ce dessein. La thèse pose la question du sens donné à ce processus patrimonial par l’acteur institutionnel et analyse la façon dont il s’en sert pour mettre en œuvre sa politique. Le questionnement de la thèse porte, par ailleurs, sur la manière dont les autres acteurs de la ville – habitants, usagers, acteurs économiques – se positionnent par rapport aux transformations de leurs quartiers, en fonction de leurs intérêts propres et de leur capacité d’agir ou de réagir. Alep en Syrie et Harar en Éthiopie, deux villes du patrimoine mondial classées à vingt ans d’intervalle, constituent les lieux de cette étude. L’analyse comparative met en lumière quatre positionnements différents face à la patrimonialisation. La position instrumentale considère le patrimoine comme un outil de légitimation de l’action sur l’espace urbain ; elle est surtout celle des acteurs institutionnels. D’un autre côté, la position sociale fait de la patrimonialisation le moyen d’améliorer les conditions de vie des résidents tout en s’efforçant de conserver leurs modes de vie et s’oppose à celle des conservateurs qui conçoivent la patrimonialisation comme un outil de sauvegarde du bâti, support indispensable à leurs yeux de l’identité et de l’histoire de la ville. La position économique, quant à elle, fait du tourisme un outil majeur de la valorisation du patrimoine et, par voie de conséquence, un instrument déterminant du développement de l’économie locale ; cette position nécessite que la ville dispose de ressources suffisantes mais présente toutefois un danger, celui de faire disparaître parallèlement un certain nombre d’activités. La position culturelle, enfin, se démarque de la patrimonialisation institutionnelle : c’est le positionnement des habitants et des usagers de la vieille ville qui, par leurs modes de vie et leurs pratiques quotidiennes, constituent un patrimoine populaire vivant que met en danger la patrimonialisation institutionnelle.

 

Mots clés : patrimoine, Unesco, renouvellement urbain, réhabilitation, stratégies résidentielles, habiter.