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L'habiter citadin interrogé par l'agriculture urbaine


Thèse de Paula Nahmias (ESO Rennes) soutenue en 2017 à Université Rennes 2 6 janvier 2017
Direction :
Financement :
  • Région Bretagne


Dans le cadre d’une recherche en géographie sociale, cette thèse s’intéresse aux agricultures urbaines,
particulièrement à celles pratiquées ou vécues par les citadins : agriculture professionnelle formant les paysages
périurbains, agriculture de proximité en circuits courts, agriculture de loisirs, jardins familiaux et les jardins
partagés, espaces publics mis en production. Sur la base de critères de localisation, de fonctionnalités réciproques
et de gouvernance métropolitaine, nous avons proposé une définition de l’agriculture urbaine qui intègre de
manière constructive les espaces intra- et périurbains, les agricultures professionnelles et non professionnelles, les
espaces agricoles privés, publics et auto-appropriés.
La réflexion a été mené dans la ville de Rennes, en Bretagne, sur la base d’études exploratoires, d’observation
participante et de douze entretiens approfondis avec des citadins jardiniers qui vivent le rapport ville campagne
en termes d’activités productives mais aussi de sociabilités, de pratiques alimentaires et d’initiatives agroécologiques.
Les principaux résultats de la thèse sont au nombre de quatre. Premièrement, la description détaillée
des modes d’investissement de l’espace-enjeu que représente aujourd’hui la nature productive dans la ville.
Deuxièmement la mise en évidence, grâce à une approche topologique et à la cartographie associée, de la richesse
des espaces vécus des habitants-jardiniers, espaces vécus qui dépassent largement le seul jardin du moment.
Troisièmement, les « réseaux polytopiques » construits par les expériences agricoles des citadins, facteurs de
questionnement non seulement sur les modes d’agriculture mais aussi sur l’alimentation et sur leur contribution à
la construction de la ville. Quatrièmement, la production agricole construite comme une fonction urbaine qui
renouvelle les modes d’habiter en reconnectant l’habitant à son milieu, par une déclinaison d’« attitudes
jardinières » : « jardinier malin », « jardinier rurbain » et « jardinier militant ».

Mots-clés
Agriculture urbaine - Relations ville-campagne - Habiter - Espace enjeu - Approche topologique

 

Within the framework of a research in social geography, this thesis is interested in the urban agricultures,
particularly in those practiced or lived by the city-dwellers: the professional farming that makes the periurban
landscapes, the farms involved in short food supply chains, hobby farming, family and community gardens,
public places used as farming places. According to location, mutual features and metropolitan governance, we
proposed a definition of the urban agriculture which joins in a constructive way intra- and peri-urban spaces,
professional and hobby farms, private, public and auto-appropriate agricultural spaces.
The study took place in the city of Rennes, in Brittany (France), on the basis of exploratory surveys, on the basis
of participating observation and on the basis of twelve in-depth interviews with gardening city-dwellers who live
the town and country relationship in terms of productive activities but also in terms of sociability, food practices
and agro-ecological initiatives. The main results of the thesis are among four. Firstly, the in-depth description of
the modes of involvment in the gardens as a spatial issue which represents today the productive nature in the
city. Secondly, thanks to a topological approach and to its associated mapping, the highlighting of lived spaces
richness for the inhabitants-gardeners, spaces which exceed widely the only current gardening place. Thirdly,
"polytopic networks" built by the agricultural experiences of the city-dwellers are sources of questioning not
only on the modalities of farming but also on the food and on their contribution to the construction of the city.