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Séminaire des doctorant-e-s d’ESO du site de Rennes

Actualité de la recherche en Aménagement de l’espace et urbanisme


Salle N104, bât N, université Rennes 2, du Vendredi 10 décembre 2021 – 14h-16h15

Trois interventions animeront ce second séminaire ESO-Rennes de l’année. Elles ont en commun de concerner des thèses préparées en Aménagement de l’espace et urbanisme (section 24 du Conseil national des universités).

 

13h50-14h10 Accueil et café

 14h10 – 14h50 : « Territoires hydro-sociaux et mobilisation des populations rurales pour l’accès à l’eau potable. L’exemple du système Gorom-Lampsar dans le delta du fleuve Sénégal »

par Khady Diouf, doctorante en Aménagement de l’Espace et Urbanisme en cotutelle entre ESO – Université Rennes 2 et l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.

« L’axe Gorom Lampsar, situé dans la région de Saint-Louis du Sénégal, est une zone qui regroupe la presque totalité des ressources en eau douce du pays. Il est drainé par deux défluents du fleuve Sénégal que sont le Gorom et le Lampsar. Cependant, la grande sécheresse (1970), l’explosion démographique, accompagnées d’une demande grandissante en eau pour l’agriculture et l’alimentation, ainsi que la consommation d’énergie sont aujourd’hui de sérieuses menaces pour la survie des communautés locales rurales déjà éprouvées par une discrimination et un approvisionnement inéquitable de l’eau vécu depuis la période coloniale. La thèse s’inscrit dans le cadre théorique du « cycle hydro social », qui repose sur trois dimensions reliées (matérialité, techniques et pouvoirs) permettant d’analyser l’eau en tant que ressource construite socialement (Budds, Linton, 2014). D’une organisation locale du partage de l’eau entre usagers sur des bases communautaires, la gestion territoriale de l’eau évolue vers une tension entre choix macro- économiques et partage de la ressource entre usages (Ghiotti, 2007). Ainsi, l’objectif général de la thèse est de cerner les leviers sociaux, politiques et technico-économiques d’une ré-allocation de l’eau potable dans le delta du fleuve Sénégal en faveur des populations rurales. »

 

14h50 – 15h30 : « Diagnostic et prospective du fret alternatif au mode routier : Quelle stratégie pour la Bretagne ? »,

par Soraya Cauvin, doctorante en Aménagement de l’Espace et Urbanisme ESO – Université Rennes 2/Conseil Régional de Bretagne.

« Des 160 millions de tonnes de fret breton, 95% empruntent la route, seulement 4 % la mer et 1% le rail. Cela a conféré à la Bretagne en 2015 la 4ième position des régions métropoles qui transportent le plus de volumes de marchandises par la route. Se pose dès lors la question de la durabilité du modèle économique bâtit presque intégralement sur le mode routier à l’aune des injonctions environnementales et des enjeux d’accessibilité et de compétitivité. La thèse qui devra aider à éclairer la décision publique, vise d’une manière rétrospective, à expliquer les tenants et aboutissants de l’organisation actuelle du système de transport de marchandise en Bretagne, à détecter les verrous qui empêchent l’émergence des modes alternatifs, à analyser leur immuabilité et à déduire les leviers d’action possibles qui permettront une évolution viable du modèle existant. Quelques scénarios prospectifs à court et à moyen termes seront aussi proposés à la fin de ces travaux. De ce fait, une grille de traitement pluridisciplinaire (géographique, environnementale, économique, institutionnelle et socio-culturelle) a été nécessaire afin de mener une analyse systématique et la plus exhaustive possible du sujet. »

 

15h30 – 16h10 : « Politiques en faveur du vélo : des phénomènes de transfert des Pays-Bas vers la France, entre ingénierie pointue et urbanisme de la proximité »

par Sébastien Marrec, doctorant en Aménagement de l’Espace et Urbanisme à ESO – Université Rennes 2 / Ville de Paris.

« Les politiques en faveur du vélo connaissent une dynamique particulièrement vigoureuse dans de nombreux pays, en particulier en France depuis les années 1990 ou 2000 dans les grandes métropoles. Ces politiques ne reposent pas uniquement sur des techniques simples et low-tech, mais surtout sur une ingénierie solide. En s'inspirant de l'expertise, des concepts et des méthodes des Pays-Bas, pays d'Europe où la pratique du vélo est la plus forte, les villes françaises se réinventent en une nouvelle forme de "smart city", conciliant soutenabilité, intelligence collective et ville connectée par l’intelligence artificielle. Celle-ci est tournée en priorité vers l'optimisation de l'usage du vélo et non plus de la gestion des flux motorisés, et réintroduit les qualités d'un urbanisme de proximité et des courtes distances. Des politiques exemplaires ailleurs en Europe par leurs outils, leurs méthodes et leurs résultats inspirent des évolutions, en premier lieu les politiques des villes et provinces néerlandaises.

En s'appuyant sur les cas des métropoles rennaises et parisiennes, cette communication entend montrer les phénomènes de transfert depuis les Pays-Bas vers la France à partir de quatre composantes indispensables à la construction d'un "système vélo", fondement d’une mobilité bas- carbone : plans de circulation empêchant le transit des véhicules motorisés, réseaux cyclables à haut niveau de service, vélorues et carrefours sécurisés pour les cyclistes. Nous verrons comment la crise sanitaire a été considérée comme une opportunité par les acteurs engagés dans ces politiques pour accélérer des évolutions et en déclencher d'autres, au-delà de l'irruption médiatisée de centaines de kilomètres de "coronapistes" en 2020. »