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Se déplacer pour se situer


Places en jeu, enjeux de classes



Sandrine Depeau (dir.), Thierry Ramadier (dir.) - 2011

"PIERRE qui roule n’amasse pas mousse" di(sai)t-on ! Aux vues des injonctions ou des désirs de dé/re/placement, le rapport à la mobilité reste ambigu : alors qu’être mobile rapporte à certains, pour d’autres c’est un élément de la vie quotidienne qui contribue à leur appauvrissement. Et il en est de même pour « l’immobilité », source d’isolement et de précarisation comme de confort de vie. 
Au fil des années, les problématiques de recherche sur la mobilité quotidienne se sont diversifiées, notamment parce qu’elles proviennent autant de questionnements qui sont au premier abord extérieurs à la mobilité (problèmes environnementaux, transformation des modèles économiques, rapports entre groupes sociaux, etc.) que de questions plus classiques relatives aux infrastructures de déplacement en tant que telles. Ainsi, plutôt que de décrire toujours plus finement des flux, il est également demandé à la recherche scientifique de comprendre comment se structurent nos dé/re/placements quotidiens. 
Rares sont les travaux qui associent mobilité et identité à partir d’une analyse des processus qui structurent cette relation, car l’approche phénoménologique est souvent de rigueur. Pourtant, se déplacer dans l’espace géographique, c’est exprimer son rapport aux autres par le trajet et le lieu de destination, par le mode utilisé, par son rapport au temps et à ceux que l’on croise lors du déplacement, etc. ; bref, c’est jouer de la régulation de distances simultané- ment géographiques et sociales. Ce rapport entre identité et mobilité suppose également que des processus socio-cognitifs participent à la structuration de ces distances tant géographiques que sociales. 
Ces trois dimensions (spatiale, sociale et cognitive), de la mobilité comme de l’identité, renvoient toutes aux structures sociales pré-existantes, permettant ainsi, d’une part de sortir de la classification strictement spatio-temporelle des mobilités, et d’autre part de dépasser le paradigme individualiste où tout semblerait se passer comme si la mobilité procurait surtout de la « liberté ». C’est plus précisément à partir du rapport entre permanence et construction sociale dynamique, à la fois de l’identité et de la mobilité quotidienne, que cet ouvrage propose d’aborder nos pratiques et de nos représentations spatiales du quotidien.

 


Sandrine Depeau  est psychologue, chargée de recherches CNRS, UMR 6590 ESO, CNRS/université Haute-Bretagne, Rennes.
Thierry Ramadier  est psychologue, directeur de recherches CNRS, ERL 7230 LIVE, CNRS/université de Strasbourg, Strasbourg

Presses universitaires de Rennes
Géographie sociale
ISBN : 978-2-7535-1713-4
198 p.

Ebola, géographie d'une crise sanitaire (2016)

Clélia Gasquet-Blanchard

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Espaces de vie, espaces enjeux (2012)

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Se déplacer pour se situer (2011)

Sandrine Depeau , Thierry Ramadier

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