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POSTWARSYRIA

A country in the war : understanding postconflic syria


Financement :
  • Université Rennes 2

Partenaires :
  • Université Rennes 2 :

Sur la période du 01/04/2020 au 28/02/2021

L’objectif général de ce projet de géographie humaine est de comprendre les effets des conflits violents sur les sociétés non seulement dans le temps de la guerre et de la violence armée mais également dans celui de l’après-guerre—l’après-guerre ne signifiant pas nécessairement la fin du conflit. Par ailleurs, la guerre contemporaine—pour l’essentiel des conflits internes—contribuent à la transformation des sociétés concernées, et de ce fait elle peut (elle doit ?) être analysée sous le paradigme du changement social – un changement social violent, brutal, radical par beaucoup d’aspects. Comprendre l’après-conflit nécessite donc de comprendre cette bifurcation majeure ouverte par la guerre dans l’histoire et l’espace des sociétés concernées. Je propose d’explorer cette question à partir du conflit syrien au Moyen-Orient, dont je suis spécialiste.
Ce projet propose ainsi d’examiner le changement social lié à la guerre en Syrie dans une perspective à la fois diachronique (le temps long, les continuités, les ruptures, les innovations) et synchronique dans le temps de la guerre (années 2010) et au cours de la période à venir (années 2020). J’observerai d’une part les modalités d’adaptation de la population syrienne à la guerre et d’autre part les transformations du cadre et de la vie matérielle de cette société (cadre urbain, infrastructures, économie, territoires).
Ces observations seront situées en Syrie mais également au-delà des frontières dans les espaces transformés par la guerre syrienne : les espaces frontaliers, les espaces du refuge dans pays voisins, l’espace macrorégional et celui, transnational, de la ‘diaspora de réfugiés’ produite par le conflit.
Par ailleurs, le conflit syrien sera travaillé dans une perspective comparative (historique et géographique).
Les apports théoriques de cette méthodologie comparative contribueront à nourrir des champs de recherche très variés du fait de l’ambition analytique transversale de ce projet (guerre et sociétés).
Le déploiement des terrains d’observation correspond également à une innovation méthodologique : pour contourner le risque principal de ce programme —travailler sur un pays en guerre sans accès au terrain, je propose une méthodologie innovante de triangulation dynamique de trois types de sources (Data) afin de constituer une information robuste sur des situations locales en Syrie : une Data ‘Images’ (images satellites et photographies) ; une Data ‘Narratives’ (récits et observations réunis au moyen d’une enquête ethnographique multi située dans les espaces de la Syrie de l’exil); une Data ‘Published Sources’. Par ailleurs, les territoires de l’exil faisant pleinement partie de mon objet de recherche, leur accessibilité est garantie.


Ce programme a donc une triple ambition :

  1. Une ambition cognitive: produire des connaissances sur la Syrie en (après)conflit.
  2. Une ambition scientifique : proposer des instruments méthodologiques, des cadres analytiques et des propositions théoriques susceptibles d’éclairer des situations de conflit et de post-conflit très diverses. Contribuer à des champs disciplinaires variés (études urbaines, géographie économique, géopolitique ; border studies ; migrations forcées et refuge…) et renouveler les approches de certains concepts dans le contexte à la fois du Moyen-Orient et du conflit (l’Etat par exemple).
  3. Une ambition sociétale : les actions de la communauté internationale reposent en grande partie sur une fiction, je l’ai dit : celui d’une ‘fin de la guerre’ et d’un retour ‘à la normale’ (cf politiques de peace building, de ‘reconstruction’, de réconciliation). Ce programme doit donc contribuer à l’élaboration de politiques ou d’actions mieux adaptées aux situations de post-conflit en général——et au conflit syrien en particulier.


Contacts :
leila.vignal @ univ-rennes2.fr