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MODURAL (ANR)

La pratique des mobilités durables dans les métropoles d’Amérique latine : étude comparée de Bogotá (Colombie) et Lima (Pérou)


Financement :
  • ANR


Sur la période 01/12/2019 - 30/11/2022
Portage : Vincent Gouëset (responsable) ; Florent Demoraes (co-responsable)

PROBLÉMATIQUE : Le projet interroge la question de la durabilité des navettes domicile-travail et domicile-étude dans 2 métropoles d’Amérique latine (Bogotá et Lima). Ces dernières rassemblent 10 millions d’habitants et sont marquées par une forte ségrégation socio-résidentielle et un modèle de croissance qui favorise l’étalement en grande périphérie plutôt que la densification des espaces centraux. Les jeunes ménages et les classes populaires sont ainsi relégués loin du centre, où sont concentrés les emplois. Les trajets domicile-travail s’effectuent donc sur de longues distances et dans des conditions très pénibles, car l’offre de transports collectifs est déficiente, l’automobile est inaccessible aux populations modestes, et la voirie est constamment engorgée. Dans les enquêtes d’opinion, les conditions de mobilité constituent le premier motif d’insatisfaction après l’insécurité. Dans ce contexte, et alors que le développement durable tend à s’imposer dans ces villes comme une norme pour les pouvoirs publics comme pour les citadins, la question des mobilités durables représente un défi majeur pour le XXIe siècle. Comment promouvoir des formes de mobilités plus durables, en améliorant la qualité de vie des populations ? Quels sont les leviers qui peuvent encourager les habitants à se reporter vers des modes ou des pratiques plus durables, et quels sont les blocages qui peuvent les en dissuader? Comment permettre aux habitants des périphéries populaires, qui connaissent les pires conditions de déplacement, d’accéder à des formes de mobilité plus durables ?

METHODOLOGIE : Le projet commencera par une recherche bibliographique et par une exploitation des sources secondaires, principalement les Enquêtes origine-destination, disponibles en plusieurs éditions récentes et comparables entre les deux villes. Ce travail sera valorisé sous forme de cartes (webmapping) et permettra d’identifier les ZAT (Zones d’analyse des transports) où les conditions de mobilité et d’accessibilité à l’emploi sont les plus mauvaises. On en retiendra 2 dans chaque ville, pour y déployer des enquêtes de terrain. Une enquête quantitative par questionnaire sera appliquée à 1600 ménages (400 ménages dans chaque zone et dans chaque ville) et portera sur les conditions de mobilité quotidienne et sur les perspectives d’adoption de pratiques plus durables. Elle sera conçue et encadrée par le Consortium mais son application sera déléguée à des prestataires spécialisés. Les résultats seront exploités en mobilisant notamment un SIG conçu à cet effet. Parallèlement, des entretiens approfondis seront appliqués auprès d’individus appartenant à l’univers de l’enquête quantitative (on vise au moins 10% des ménages enquêtés). On approfondira l’étude sur 3 groupes de population potentiellement vulnérables dans leurs mobilités, mais peu étudiés sous cet angle en Amérique latine : les femmes, les enfants et les personnes à mobilité réduite. Pour enrichir l’étude, d’autres approches qualitatives seront expérimentées : "entretiens embarqués", focus groups, "enquêtes rapides" en circulation.

CONSORTIUM : L’équipe de 20 personnes est internationale et pluridisciplinaire. Elle se répartit de façon équilibrée entre la France, la Colombie et le Pérou. Elle se compose de chercheurs spécialisés sur les mobilités quotidiennes et les enquêtes urbaines en quartiers populaires. Ils seront aidés par des personnels de support (administration, gestion) et de soutien (ingénieurs, assistants, stagiaires). Le coordinateur (Vincent Gouëset) s’appuiera sur un coresponsable en France (Florent Demoraes) et deux responsables scientifiques dans chaque ville.

ORIGINALITÉ : le projet est inédit, original et ambitieux par son angle d’approche. Il est international et interdisciplinaire. Il porte sur des villes du Sud où la durabilité des transports est un défi. Il est centré sur des espaces et des populations vulnérables. L’utilité sociale et les enjeux d’équité sont forts. Il propose une lecture critique des mobilités durables. La méthodologie d’enquête est hybride.

The practice of sustainable mobility in Latin American cities: a comparative study of Bogotá (Colombia) and Lima (Peru)

SCIENTIFIC ISSUE: The project addresses the issue of the sustainability of home-to-work and home-to-study commutes in 2 Latin American metropolitan areas (Bogotá and Lima). These cities gather 10 million inhabitants and are characterized by a strong socio-residential segregation and a growth model that favors the urban sprawl in the outskirts rather than the densification of the central spaces. Young households and the working classes are thus relegated far from the center, where jobs are concentrated. Home-to-work journeys are therefore long distances and under very difficult conditions, because the supply of public transport is deficient, the car is inaccessible to low-income populations, and the roads are constantly congested. In opinion surveys, mobility conditions are the first reason for discontent after insecurity. In this context, and as sustainable development tends to become a norm in these cities for both public authorities and city dwellers, the issue of sustainable mobility represents a major challenge for the 21st century. How to promote more sustainable forms of mobility, by improving the quality of life of populations? What are the leverages that can encourage city dwellers to move towards more sustainable modes or practices, and what are the impediments that can discourage them from doing so? How can we enable people living in the disadvantaged suburbs, who experience the worst travel conditions, to access more sustainable forms of mobility?

La práctica de la movilidad sostenible en América Latina metropolitana: estudio comparativo de Bogotá (Colombia) y Lima (Perú)

PROBLEMÁTICA: El proyecto aborda el tema de la sostenibilidad de los viajes cotidianos hogar-trabajo y hogar-estudio en dos ciudades de América Latina (Bogotá y Lima). Estas últimas tienen una población de 10 millones de habitantes y se caracterizan por una fuerte segregación socio-residencial y un modelo de crecimiento que favorece la dispersión de la población en la periferia en lugar de la densificación de las zonas centrales. Los hogares jóvenes y las clases populares se ven así relegados lejos del centro, donde se concentran los puestos de trabajo. Los desplazamientos del hogar al trabajo son, por tanto, largos y se realizan en condiciones muy difíciles, ya que la oferta de transporte público es deficiente, el automóvil es inaccesible para las poblaciones modestas, y las vías están constantemente congestionadas. En las encuestas de opinión, las condiciones de movilidad son el primer motivo de insatisfacción después de la inseguridad. En este contexto, y dado que el desarrollo sostenible tiende a convertirse en una norma en estas ciudades tanto para las autoridades públicas como para los habitantes de las ciudades, la cuestión de la movilidad sostenible representa un gran reto para el siglo XXI. ¿Cómo promover formas de movilidad más sostenibles, mejorando la calidad de vida de las poblaciones? ¿Cuáles son las palancas que pueden animar a las personas a avanzar hacia modos o prácticas más sostenibles, y cuáles son los impedimentos que pueden disuadirlas de hacerlo? ¿Cómo podemos permitir que los habitantes de las periferias populares, que experimentan las peores condiciones de viaje, accedan a formas de movilidad más sostenibles?



Contacts :
vincent.goueset @ univ-rennes2.fr