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Travailler à la marge ? Les espaces de travail collaboratifs comme noeuds d’un nouveau système de mobilités hors métropole


Financement :
  • Agence Nationale de la Recherche

Partenaires :
  • ESO UMR 6590 - Université Rennes 2 : Gerhard Krauss, Guy Baudelle, Valérie Billaudeau, Benoït Feildel, Eve Ross, Flavie Ferchaud
  • LIRIS EA 7481 - Université Rennes 2 : Anne-Laure Nadant, Pascal Glémain, Jennifer Urasadettan
  • LEGO EA 2652 - Université Bretagne Sud : Clément Marinos, Sébastien Legall
  • TVES EA 4477 - Université de Lille : Christine Liefooghe, Marc Dumont
  • LEMNA EA 4272 - Université de Nantes : Raphaël Suire, Hélène Morteau
  • TÉLUQ, Université du Québec / ARUC : Diane-Gabrielle Tremblay, Arnaud Scaillerez
  • York University / Glendon Campus : Angelo Dossou-Yovo
  • Université McGill / McGill School of Urban Planning : Richard Shearmur

Sur la période 2018-2020

Depuis quelques années, on observe l’émergence de nouveaux espaces de travail collaboratif (NETC) éloignés des grands centres urbains. Ces lieux de sociabilité constituent une réponse aux nouvelles aspirations d’une population souhaitant évoluer à la marge, aussi bien géographiquement (en s’éloignant des centres urbains) que socialement (en recherchant un équilibre entre vie professionnelle et familiale). Réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs, ce projet international propose d’étudier, en s’appuyant sur des terrains situés en Allemagne, Belgique, Canada et France, le rôle que jouent pour les actifs ces « nouvelles centralités périphériques » dont on précisera les impacts en termes de mobilités sur les territoires concernés. Cette recherche approfondit et réoriente un projet en cours d’achèvement sur les tiers lieux (INTIMIDE financé par le GIS M@rsouin, Région Bretagne). Les comportements d’une nouvelle génération de travailleurs autonomes exerçant une activité professionnelle marquée par le rôle clé du numérique paraissent de nature à redynamiser des territoires non métropolitains, souvent confrontés à la perte d’activités économiques et sociales et à un solde migratoire négatif. Ces perspectives dépendent à la fois de la façon dont ces individus s’inscrivent dans un réseau professionnel, institutionnel ou encore social et de la manière avec laquelle ils sont susceptibles de contribuer directement ou indirectement au développement de leur territoire. A cet égard, l’émergence de NETC situés hors métropole s’inscrit dans de grandes tendances sociétales aujourd’hui à l’oeuvre, en particulier la déconnexion entre la « place to live » et la « place to work ». Les aspirations des jeunes actifs par rapport à la qualité de vie et du travail, aux déplacements et au choix des modes de transport et, plus généralement, aux enjeux environnementaux, renouvellent leur rapport au territoire et aux mobilités. Même si la tendance reste marginale, la part croissante de ces travailleurs – dont une majorité d’indépendants, de solo-entrepreneurs et de télétravailleurs– parmi les actifs est paradigmatique des évolutions de la société contemporaine. Nous postulons pour ces populations l’existence d’un projet de vie plus global qui englobe non seulement les aspirations et activités professionnelles mais aussi des attentes en termes de cadre et de qualité de vie. Ce faisant, l’approche retenue dans ce projet se distingue des explications prédominantes des comportements de mobilité professionnelle d’une part et résidentielle d’autre part, en intégrant des variables non économiques et extra-professionnelles dans le modèle d’analyse. La problématique proposée consiste à savoir si les NETC peuvent devenir, à l’échelle de leur territoire, des noeuds en termes de concentration spatiale temporaire, en tant que lieux de rencontre et d’activités et points relais d’accès aux réseaux physiques (groupes de pairs face-à-face) et numériques (haut débit). Nous formulons l’hypothèse de la formation de noeuds « à la marge », hors métropole, c'est-à-dire de l’apparition de lieux de centralité relative, géographiquement éloignés des sites et acteurs centraux classiques, mais pourtant essentiels à la trajectoire des travailleurs autonomes. Les objectifs de la recherche se déclinent selon trois axes. Il s’agit: 1/ de comprendre le rôle des NETC sur leur territoire en étudiant les caractéristiques et trajectoires géographiques et
sociales des individus qui les fre´quentent, les interactions entre utilisateurs et fondateurs au sein d’un même espace ainsi que leurs relations avec l’extérieur sur le territoire ou en dehors; 2/ d’observer les mobilités engendrées sur le territoire par les NETC et de mesurer leur capacité à faire noeud, c’est-à-dire à être des points d’ancrage et d’adhérence territoriale ; 3/ d’analyser les projections des individus vers l’avenir pour proposer une analyse prospective des NETC, utile à la définition des stratégies d’aménagement.


For a few years, we have observed the rise of new collaborative work spaces (NCWSs) remote from major cities. These places of social interaction echo the expectations of a population looking to evolve at the fringe, both geographically (away from great urban centers) and socially speaking (hoping for greater work life balance). This international project aims at studying the part played by these new peripheral centralities for workers. A multidisciplinary team of researchers working on German, Belgian, Canadian and French research fields will detail the impact on mobilities for the territories studied. This research project deepens and reorients another approaching completion on third places (INTIMIDE financed by the GIS M@rsouin and the Région Bretagne). The choices made by a new generation of independent workers, relying mostly on digital technology for their professional activities, could revitalize non metro areas often faced with the loss of economic and social activity and with negative net migration. This possibility depends both on the way these workers insert in a professional, institutional or social network and on the way they might contribute to their territory’s development be it direct or indirect. From this perspective, the emergence of NCWSs outside large metropolises works as part of the great societal trends at work today and notably the blurring between the location of residence and the location of work. The expectations of young workers regarding life and work quality, daily commute and the means of transportation to choose from –and more largely environmental stakes– remap the relationship to the territory and mobilities. Even if this trend remains rather uncommon, the growing part of these workers –among which a large part of independent workers, lonely entrepreneurs and teleworkers– testifies to the evolutions of our society. We postulate for these populations the existence of a larger life project, including not only their professional aspirations and activities but also their expectations in terms of life quality. The approach chosen differs from major explanations of professional mobility and residential choices as it includes non-economical and extra-professional arguments in our analysis model. The problematic is interested in knowing whether NCWs can become nodes of temporary spatial concentration as places of meeting and activity and intermediaries to access physical (face-to-face peer groups) and digital (broadband) networks. We are suggesting that nodes are forming at the margin of metropolises bringing about a relative centrality, far from traditional major actors and yet essential to the career path of independent workers. The objectives of the research follow three lines. The aim is: 1/ to understand the role of NCWSs by studying the geographical and social characteristics and paths of individuals who join them and the interactions between users and founding members within a common space and their external relations; 2/ to observe the various mobilities generated on the territory by these NCWSs and measure their ability to form a node, that is to say to become points of anchorage and territorial adherence; 3/ to analyze how individuals view their future in order to propose a prospective analysis of NCWSs that will be useful to the definition of planning strategies.



Contacts :
Gerhard.krauss @ univ-rennes2.fr