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Guingamp, territoire expérimental : la lutte contre l’habitat indigne au service d’un projet de territoire


Financement :
  • Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines – POPSU

Partenaires :
  • Université Rennes 2 - ESO : Gaudin Solène et Margier Antonin

Sur la période du 15/01/2021 au 15/01/2022

Guingamp constitue un cas, qui tend à se généraliser, de petite ville qui connait de manière continue depuis plus de 20 ans une lente érosion démographique, marquée à la fois par le vieillissement de sa population, une faible attractivité et un solde naturel négatif. Le centre-ville est marqué par des signes de ce délaissement : la vacance des logements y est en forte progression, une partie des bâtiments du centre-ancien connait des problématiques structurelles et infrastructurelles accentuant l’effet repoussoir auprès des nouveaux ménages, et un parc de logements qui est de moins en moins adapté à la demande. La concentration de logements indignes ou dégradés est même devenue préoccupante à l’échelle du département, poussant dès 2013 des associations à demander le classement des Côtes d’Armor en zone prioritaire pour la lutte contre l'habitat indigne. L’effort de lutte contre l’habitat indigne ou dégradé à l’échelle du territoire de Guingamp s’inscrit dans les priorités actuelles des politiques publiques du logement tant au niveau national que local.

 Ce constat fait incontestablement de Guingamp un cas d’espèce de ces petites villes décroissantes faisant face à des problématiques d’habitat indigne mais pour lesquelles les dispositifs nationaux, souvent lourds et complexes, sont rarement adaptés et difficilement mobilisables par les acteurs locaux. La résorption de l’habitat indigne dans le centre-ville se résout souvent par un report vers la périphérie, via un « urbanisme de facilité » mobilisant les espaces vierges, plutôt que par une réflexion sur la complexité d’une intervention sur site, laquelle pourrait pourtant constituer une opportunité pour impulser une revitalisation du centre.

 Ce contexte de décroissance induit la nécessité de penser l’articulation des problématiques de l’indignité et de la vacance et soulève la pertinence de les penser ensemble pour développer un projet cohérent de planification et d’aménagement du territoire. Cela implique d’interroger et de tenir compte des spécificités territoriales (dynamiques sociales, économiques, démographiques) pour développer des outils de résorption de l’habitat insalubre qui soient adaptés au contexte, efficaces au regard des enjeux locaux et qui puissent nourrir de manière pertinente un projet de revitalisation. 

 La recherche participera à identifier les ressorts de l’émergence de l’habitat indigne sur le territoire au-delà des facteurs classiques habituellement décrits (marchands de sommeil, dégradation du bâti, inconfort, etc.) qui ne pourraient suffire à révéler les spécificités locales d’une petite ville en décroissance. Dans cette perspective, il s’agit de déterminer les composantes structurelles de l’indignité ainsi que l’évolution des formes de vulnérabilités résidentielles telles qu’elles se manifestent dans le cas de Guingamp. 

En termes de gouvernance locale, dans la perspective d’accompagner et de proposer des outils de lutte contre l’habitat insalubre, ce programme analysera les formes de portage existantes entre les acteurs (État, bailleur, EPCI, EPF, PDLH, CAUE, ARS, investisseurs privés, bailleurs, associations, commerçants, etc.) pour développer de nouvelles structures multi-partenariales qui soient en mesure d’appréhender cette complexité et d’intervenir sur cet enjeu à des échelles pertinentes.



Contacts :
antonin.margier @ univ-rennes2.fr