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SHAPES: A Multi-disciplinary Study of Human Beings, Great Apes - Une étude multi-disciplinairehommes, grands singes

Une étude multidisciplinaire hommes, grands singes et émergence des maladies en Afrique équatoriale:perspectives en sciences sociales sur les contacts inter-espèces


Financement :
  • ANR

Partenaires :
  • Institut Pasteur :
  • Université Paris Diderot :
  • CIRMF (Centre International de Recherches Médicales de Franceville) Gabon :
  • Centre Pasteur de Yaoundé :
  • Hôpital Saint Louis :
  • City University of New York :

Sur la période Juin 2015 - Juin 2018

La transmission de maladies entre espèces posent des défis considérables à la santé mondiale. La conséquence d'interactions continues entre pathogènes, hommes, animaux et leurs écologies. Ces changements d’hôtes, de réservoirs animaux dans les populations humaines ont acquis une importance centrale et sont une source majeure de "maladies infectieuses émergentes », en augmentation au cours des dernières décennies (Lloyd-Smith et al 2009;. Morse, 1995). Mais les transmissions inter-espèces ne sont pas rares dans l'histoire humaine: de nombreux agents pathogènes humains ont des origines animales. Les expériences récentes du SRAS, de la grippe aviaire et de la grippe H1N1 montrent aisément

que les transmissions pathogènes entre animaux et êtres humains, facilitées par une circulation intense des personnes, le commerce des animaux, des agents pathogènes et des technologies, sont un aspect récurrent mais imprévisibles de l’évolution (Lakoff 2007; Hinchliffe et Bingham 2008). Ces rapports alarmants sont accompagnés d’une "... perception croissante que les nouvelles menaces biologiques existantes mettent au défi nos manières de comprendre et de gérer la santé et la sécurité collective" (Lakoff & Collier 2008, 8).

L’Afrique Centrale a été identifié comme un site de partage d’agents pathogènes, le lieu d'émergence de maladies infectieuses, et de menace potentielle pour la sécurité sanitaire mondiale (Pederson et Davies 2010). Là, les gens, les grands singes, singes et d'autres animaux (tels que les chauves-souris et les oiseaux), des agents pathogènes et l’écologie forestière sont des acteurs importants dans l'histoire de l'évolution dynamique qui produit certains des agents pathogènes les plus dévastatrices pour les êtres humains et les primates non humains. Beaucoup de maladies affectent les personnes et les grands singes, notamment les rétrovirus (VIH et SIV), les virus Ebola et Marburg, la shigella la salmonelle, le paludisme à falciparum, la fièvre jaune, ce parmi beaucoup d'autres (Prugnolle et al 2011; Liu et al 2010;. Chapman et al . 2005).

Jusqu'à présent, le « contact » avec les grands singes humain est perçu comme catalyseur pour des changements d’hôte et cette théorie a été abordée principalement par les chercheurs et les primatologues biomédicaux - mais pas par des chercheurs en sciences humaines et sociales (Gessain et al 2013; Moeller et al 2012; Locatelli & Peeters 2012; Wolfe.. et al., 2007). En effet, une présomption généralisée est que les transmissions de maladies entre les grands singes, les singes et les hommes se sont multipliées avec des contacts intensifiés au cours du 20e siècle - principalement définit comme «changement anthropique», incluant la chasse, l'exploitation forestière, l'augmentation de la population, la mobilité humaine, et l'urbanisation (Tebit & Arts 2011;. Worobey et al 2008).

Sans remettre en cause ces hypothèses, la recherche biomédicale ne dispose pas des outils pour caractériser et évaluer l’étendue des relations entre les personnes et les primates non humains (PNH) au fil du temps. Nos analyses historiques et anthropologiques préliminaires révèlent des relations variées, non-linéaires de "contact" entre les personnes et les primates non humains en Afrique Equatoriale.

Dans ce projet, nous utilisons la catégorie, "primate non humain» ou «PNH» pour désigner les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et divers singes, en grande partie parce que ces enquêtes préliminaires de "contact" révèlent que ce groupe apparaissent comme habitant ensemble la équatoriale. Cette étude multi-disciplinaire s’intéresse aux changements naturels et contextuels des contacts entre humain, grands singes et singes en Afrique équatoriale et aux conséquences de ces contacts sur la santé. Si les chercheurs biomédicaux ont examiné la nature de ces "contacts", les chercheurs en sciences sociales ne l’ont pas encore fait. Ce projet rassemble des approches historique, anthropologique, géographique et des analyses microbiologiques en vue de fournir une description plus exhaustive de la façon dont ce contact, notamment sa nature et son importance ont évolué à travers le temps et façonné la santé humaine. Cette étude en sciences sociales va insérer la complexité et de la variabilité des pratiques humaines historiques, des processus géographiques dans les études de transmission zoonotique

et d'émergence des maladies. En se concentrant sur certaines maladies qui ont émergé en partie par des interactions de l'homme avec des primates non humain (Ebola, Marburg, Virus de l’Immunodéficience Simienne, Foamy Virus Simien, Virus T Lymphotropique simien et humain - STLVs / HTLV), notre étude offrent une compréhension multidisciplinaire approfondie de la dynamique des dernières émergences virales ainsi qu’un nouvel éclairage sur celles actuelles et futurs. Nous établirons les bases d'une étude métagénomique d’enterotypes partagés par les humains et les grands singes - d'un intérêt capital, car ces interactions sont le point de départ des potentiels agents pathogènes qui pénètrent le corps humain.

 

Notre étude porte sur les éléments suivants:

Qu’est ce qui au cours des 150 dernières années, a changé dans les contacts humains -  primates non humains, et quelles en sont les conséquences pour l’homme et pour la santé publique ? Cette collaboration entre des chercheurs anthropologues, historiens, géographes et biomédicaux souhaite mettre en lumière toute la complexité et le changement en Afrique équatoriale de ces contacts. Si les transmissions zoonotiques résultent d'interactions de facteurs et de processus pathogènes, climatiques, environnementaux, socioéconomiques, culturels et médicaux, ce projet souhaite intégrer la complexité et la variabilité des pratiques humaines et des processus historiques, géographiques dans les études des transmissions zoonotique et l'émergence des maladies. Nous voulons dans une visée multidisciplinaire comprendre les dynamiques passées de l'émergence des maladies et l’étendre aux dynamiques actuelles des maladies infectieuses et de leur surveillance. En mettant les sciences sociales à contribution, nous pensons mieux appréhender les dynamiques passées et à venir. L'objectif général du projet est d'explorer comment les interactions entre les êtres humains et les primates non humaines dans trois zones équatoriales de forêt d'Afrique (Sud-Est du Cameroun / Centre de la République Démocratique du Congo; Nord-Est du Gabon dans la province de l'Ogooué-Ivindo) ont évolué au cours des 150 dernières années, et quelles sont alors les conséquences sur la santé de ces interactions changeantes.

 

Ses objectifs spécifiques sont les suivants:

1. Les documents et une évaluation des différentes représentations en Afrique équatoriale passées et présentes dans les discours seront creusées en vue d’établir ce qui dans les récits participent de qualités communes et de différences avec les primates non humaines et comment dans le passé et dans le présents ils sont mis ou non en liens avec les épidémies de maladies émergentes, dans les trois sites d’étude. Nous évaluerons également les interactions passées et présentes avec les primates non humains en vue de déterminer comment les habitants des forêts évaluent les possibilités et les conséquences de la transmission de la maladie entre personnes et primates non humains. Nous explorerons également les histoires de virus simiens (HTLV, foamy virus, VIH) dans le sud-est Cameroun / Centre de la République Démocratique du Congo; du virus Ebola dans la province de l'Ogooué-Ivindo, Gabon et le virus de la variole en République Démocratique du Congo dans la province de l’équateur.

 

2. Une étude des pratiques passées et présentes des humains en lien et autour des grands singes et des singes sera menée, on évaluera également les spatialités qui y sont associées à travers la mise en carte des récentes émergences et épidémies associées aux primates non humains dans les trois sites d'étude. Nous souhaitons également quantifier la chasse de primates non humains pour la subsistance et le commerce dans les villages sélectionnés dans deux des sites du projet (Gabon et Cameroun). Nous tenterons d’évaluer les changements en cours depuis 15 ans. Par ailleurs, d’autres types de contact seront étudiés : observation, concurrence pour les ressources forestières, co-utilisation des zones écologiques. Nous évaluerons également l'évolution des institutions, des lois et des politiques régissant contact entre primates non humains et humains, notamment en termes de conservation. Une cartographie des ressources sanitaires, notamment en terme d’offre de soins sera réaliser en vue d’identifier les potentialités spatiales de diffusion et d’amplification d’une infection d’origine zoonotique.

 

3. Un suivi des conséquences sur la santé et les implications des contacts humains et primates non humains sur la santé publique sera réalisé. L'équipe utilisera les observations, concepts et connaissances historiques, anthropologiques et géographiques crées au sein des objectifs 1 et 2 pour élargir le champ de la surveillance des maladies infectieuses émergentes, afin que la surveillance soit en mesure d’intégrer les pratiques locales et leurs évolutions. Nous mènerons également une étude de faisabilité en vue d’identifier les composants du métagénome intestinal du biome (enterotypes virales et bactériennes) partagée par les humains et les grands primates - preuves matérielles de contacts historiques et actuels. Nous entreprendrons une étude pilote de fond sur le séquençage en vue de déterminer la diversité phylogénétique des enterotypes partagés entre l'homme et les primates non humains. Le degré de partage de microbiomes indiquera le flux de microbes entre les hommes et les grands singes, y compris ceux qui sont potentiellement pathogènes.

 

4. Une évaluation des résultats issus de cette approche disciplinaire variée permettra d’établir un véritablement interdisciplinaire. Le point de départ étant le cadre des sciences sociales - contexte spatial historique et anthropologique de l'Afrique équatoriale – nous y situerons notre analyse des relations humains-primates non humaines et les pratiques humaines spécifiques autour de ces interactions, élargissant ainsi la surveillance formelle en vue d'inclure des perspectives locales sur les éclosions de maladies et d’épidémies. L’étude sur le microbiome poussera notre analyse plus loin et permettant de démontrer les conséquences pathogènes concrètes de ces contacts.

 

Les résultats attendus de ce projet sont les suivants:

Analyses historico-ethnographiques des représentations passées et présentes des habitants locaux des PNH dans les trois sites de recherche, ainsi que des analyses comparatives de ces résultats. L'analyse sociale, économique et écologique des pratiques passées et présentes des habitants locaux autour PNH dans nos trois sites de recherche, ainsi que des analyses comparatives de ces résultats. Les analyses spatiales des mobilités humaines passées et présentes et des zones de chevauchement d'utilisation de l'environnement par les hommes et les PNH dans les trois sites, ainsi que d'une interprétation comparative de ces résultats.

Etude quantitative de la chasse et du commerce de la viande des PNH chasse et le commerce au Cameroun et au Gabon. L'étude permettra de documenter les niveaux de prélèvement actuels et de trianguler ces éléments avec d'autres preuve disponibles, permettra de comparer les prélèvements réalisés dans ces zones il y a 15 ans.

Analyse des institutions et des politiques concernant l'utilisation et la protection des PNH dans le passé et le présent.

Cartographie des sites de soins de santé biomédicaux, traditionnels voir émergent (coloniales et postindépendance) dans les trois sites pour évaluer les possibilités de l'amplification de la maladie zoonotique au sein des centres de soin Une étude de faisabilité de la cartographie des lignées bactériennes communes et distinctes et virologiques par Entérotype chez les personnes et les grands singes, avec le pouvoir de quantifier le degré de partage de Entérotype. Cette étude jettera les bases d'une étude métagénomique plus grande - d’une importance critique du fait que les interactions entériques sont des incubateurs de nouveaux agents pathogènes potentiels qui entrent dans le système humain.

Documentation des épidémiologies et les écologies locales (du point de vue des habitants locaux) de l'émergence de maladies zoonotiques passées et leur relation aux PNH, en vue d’alimenter et de reconfigurer la surveillance, l’épidémiologie et l’écologie de ces maladies. Des recommandations concrètes pourrons être formulées pour les les états, les institutions internationales et les organisations non gouvernementales en vue de protéger les grands singes.



Contacts :
clelia.gasquet @ ehesp.fr