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TERMER

Identifier des outils d'intégration terre/mer au service des professionnels de la pêche et de l'aquaculture


Financement :
  • Région Bretagne (FEAMP -dans le cadre des DLAL Pays de Saint Brieuc et DLAL Côte d’Emeraude, Rance, Baie du Mont St Michel)

Partenaires :
  • AgroCampus Ouest :

Sur la période 31/07/2021 au 31/12/2023

Aujourd’hui encore, malgré une prise de conscience de l’importance d’une gestion intégrée des zones côtières au niveau international, européen ou national, la frontière entre terre et mer divise profondément la gestion du littoral. Chaque espace terrestre ou maritime dispose de ses propres gestionnaires, de ses propres outils juridiques et réglementaires, de ses politiques publiques, voire de ses références culturelles, posant ainsi la question de la gouvernance de ces territoires si particuliers. La relation entre terre et mer est appréhendée à travers différentes politiques, en particulier celles de l’aménagement du territoire, de la gestion de l’eau ou de la protection de l’environnement. Toutefois, leurs effets sur les activités maritimes ne sont pas toujours faciles à prendre en compte même si certains dispositifs intègrent clairement cette préoccupation, notamment les volets maritimes des schémas de cohérence territoriale (SCOT) ou les schémas de mise en valeur de la mer (SMVM). Inversement, si les élus et les techniciens des communes littorales s’impliquent dans l’élaboration de schémas de planification maritime, appréhender la complexité de cet espace peut demeurer un exercice difficile.

Pourtant, l’imbrication des espaces n’est plus à démontrer. Ainsi, le récent rapport de 2019 de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (dont le signe anglais est l’IBPES) met en évidence que les pollutions observées en mer proviennent à 80% des zones terrestres. Par ailleurs, les pressions en mer se font de plus en plus nombreuses face au développement de politiques industrielles en mer telles que les Énergies marines renouvelables, l’extraction de granulats… Ainsi, bien que se situant en mer, les activités de la pêche et de l’aquaculture sont directement concernées par les décisions prises à terre dans des domaines très divers tels que la planification des activités socio-économiques et l’urbanisme, la gestion des espaces naturels, les énergies renouvelables... L’intégration terre/mer est donc un enjeu central et comprend différentes dimensions : (1) une dimension spatiale de la terre vers la mer, (2) une coordination administrative et politique dans une logique « bottum-up», (3) une articulation entre usages et activités dépassant les approches sectorielles, (4) une dimension environnementale et enfin (5) une dimension temporelle (à court et long terme).

Face à ces enjeux multiples, la question de l’intégration terre-mer au sein de l’action publique locale des zones littorales revêt toute son importance. Cette perspective des sciences sociales appréhende tant les actions des institutions publiques, de l’État ou des collectivités territoriales, que celles des acteurs privés issus des entreprises et de la société civile. Elle rend compte ainsi de leurs activités conjointes, prises dans des interdépendances multiples et dans différents lieux de pouvoir. Précisons que cette approche considère les professionnels de la mer, pêcheurs et conchyliculteurs,

ainsi que les organisations qui les représentent comme des acteurs de l’action publique locale au même titre que les institutions publiques. L’adoption de cette perspective nous permet alors de poser la question suivante : comment améliorer la prise en compte des interactions « terre-mer » dans l’action publique locale en faveur du maintien des activités de la pêche et de l’aquaculture dans les espaces littoraux et maritimes ?

Nous proposons de réaliser le projet sur deux GALPA bretons, territoires emblématiques des activités halieutiques : le Pays de St Brieuc et la Côte d’Emeraude – Rance – Baie du Mont Saint-Michel, territoires investis tant dans des activités de pêche que de conchyliculture. Tous deux sont dotés de plusieurs SCOT, SAGE et zones Natura 2000 complexifiant ainsi l’organisation de l’action publique liée à l’aménagement et la planification territoire. Par ailleurs, ils sont tous deux déjà engagés dans différentes démarches ou études abordant les relations terre-mer à travers le déploiement des démarches GIZC, des approches territoriales européennes en faveur des territoires littoraux (Axe 4 du FEP puis aujourd’hui DLAL-FEAMP) ou la réalisation de diagnostic accès terre/mer. En s’inscrivant dans la prolongation de ces précédents travaux, notre projet global inter-GALPA se réalise sur deux territoires littoraux, avec une partie réalisée sur chaque GALPA et une autre constituée d’une analyse commune des résultats de chaque territoire.

Objectifs du projet :

En engageant un projet inter-GALPA, le projet vise à :

-       fournir aux professionnels de la mer (pêcheurs et conchyliculteurs) et aux autorités locales, d’une part un panorama de l’action publique locale traitant directement ou indirectement les relations entre terre et mer sur leur territoire et, d’autre part, des éléments de comparaison avec d’autres territoires (par une analyse croisée entre les deux GALPA et par le biais d’une revue de littérature). Ainsi, des points communs et des divergences, des expériences remarquables, des difficultés rencontrées et des pistes suivies seront mis en évidence ;

-       proposer des modes d’action au sein de la gouvernance territoriale existante pour contribuer à une meilleure intégration des problématiques terre-mer et au renforcement des liens inter-filières. Deux dimensions seront appréhendées, l’articulation des différents outils de gestion et de la planification territoriale (SCOT, SAGE, Natura 2000) et le renforcement des compétences des acteurs de l’action publique locale. Ces modes d’action seront co-construits avec les acteurs locaux, dans le cadre de séminaires organisés sur chaque territoire.

 



Contacts :
catherine.laidin @ agrocampus-ouest.fr